CITATION(Scandinave xtj @ 22/04/2008, 23:51)

Avec les evenements du 11 septembre 2001, je me suis demandé: "Si mes anciens Anciens (c'est bien le mot?) m'ont demandé de commetre un acte terroriste, l'aurais-je fait? Spontanement, ma réponse était NON, mais au second pensée , je n'était pas si sur. Parce que, j'étais déja programmé à sacrifier ma propre vie et la vie d’un enfant futur pour éviter une transfusion sanguine. J'étais également préparé à accepter la mort violente de la quasi-totalité de la population mondiale lors de Harmageddon. C’est déja pas mal….
Je suis très heureux d'être échappé de cette labyrinthe de pensées meurtrières mais je vois qu'ici au votre site il y a des gens qui se demandent: Pourqoui ne laissez vous pas ces gens paisibles en paix pour pratiquer leur culte? Cette question est valable et je n'ai aucune volonté d'attaquer les croyants des TJ. Mais si moi, il y a plus de 30 ans, avait eu la possibilité de lire une contre-verité sur cette religion fanatique, ma transition au monde reel aurait été plus rapide et plus souple.
La question qui me trouble et me fascine est la suivante: Les TJ que je connaissais était les gens les plus gentils que l'on puisse s'imaginer - comment pouvait il herberger une foi si terrible?
Salut !
Un début de réponse.
III. DEUX EXPÉRIENCES DE PSYCHOLOGIE SOCIALE
La psychologie sociale est une discipline qui s'intéresse aux interactions entre individu et société; on y a surtout étudié ce qu'un auteur a appelé l'“emprise invisible” de la société sur l'individu, examinée à travers des notions comme celle de rôle, de statut, d'attitude, de représentation sociale et bien d'autres encore. Et à travers des expérimentations, aussi.
Justement: deux expériences célèbres et étonnantes menées en psychologie sociale sont riches d'enseignements pour la pensée critique. L'expérience de Stanley Milgram sur l'obéissance, d'abord; celle de Solomon Asch sur le conformisme, ensuite.
Je vous propose donc de nous pencher sur ces deux expériences et d'en tirer les leçons.
L'expérience de Milgram IN SWEDISH -> http://sv.wikipedia.org/wiki/Milgrams_lydnadsexperimentNous sommes au milieu des années soixante, à l'Université Yale. Vous avez répondu à une petite annonce parue dans un journal et vous vous présentez au laboratoire de psychologie pour participer à une expérience portant sur les effets de la punition sur l'apprentissage. Un autre volontaire est là et un chercheur en blouse blanche vous accueille. Il vous explique que l'un de vous deux va enseigner à l'autre des suites de paires de mots et qu'il devra le punir s'il se trompe, le punir en lui administrant des chocs électriques d'intensité croissante. Un tirage au sort vous désigne comme le professeur et l'autre volontaire comme l'élève. On vous conduit dans la salle où se tiendra l'élève et on vous montre la chaise où il sera assis; on vous administre une faible charge électrique pour vous montrer de quoi il retourne. Vous êtes présent pendant que l'on installe l'élève sur sa chaise et qu'on lui place une électrode.
Vous retournez ensuite dans la pièce adjacente avec le chercheur qui vous a accueilli. Il vous installe devant la console que vous opérerez. Les chocs que vous donnerez s'échelonnent de 15 à 450 volts, progressant par 15 volts. Des indications sont inscrites à côté des niveaux: “choc léger”, “choc très puissant: danger”. À partir de 435 volts il n'y a que: XXX. L'expérience commence. À chaque fois que l'élève se trompe, vous administrez un choc, plus fort de 15 volts que le précédent. L'élève se plaint de douleurs à 120 volts; à 150 volts, il demande qu'on cesse l'expérience; à 270 volts, il hurle de douleur; à 330 volts il est devenu incapable de parler. Vous hésitez à poursuivre? Tout au long de l'expérience, le savant n'utilisera que quatre injonctions pour vous inciter à continuer: veuillez poursuivre; l'expérience demande que vous poursuiviez; il est absolument essentiel que vous poursuiviez; vous n'avez pas le choix, vous devez poursuivre.
Vous l'avez deviné: le tirage au sort était truqué, l'élève est un complice, un comédien qui mime la douleur. Bref: c'est vous qui êtes le sujet de cette expérience. Avant de la réaliser, Milgram a demandé à des adultes des classes moyennes, à des psychiatres et à des étudiants, jusqu'où ils pensaient qu'ils iraient. Il leur a aussi demandé jusqu'où ils pensaient que les autres iraient. Personne ne pensait aller, ou que les autres iraient, jusqu'à 300 volts. Mais lors de l'expérience menée avec 40 hommes, âgés de 20 à 55 ans, 63% allaient jusqu'au bout, administrant des décharges de 450 volts.
Les détails de l'expérience, sur lesquels nous ne pouvons nous étendre ici, donnent froid dans le dos. L'expérience de Milgram a été abondamment commentée, reprise, discutée. Mais cette étude expérimentale de la soumission à l'autorité reste une contribution incontournable à notre connaissance de la nature de l'autorité et de son pouvoir à nous faire agir de manière irrationnelle. La leçon que doit retenir le penseur critique est la suivante: Ne jamais, jamais accepter de prendre part à une expérience de psychologie à l'Université Yale. Non, ce n'est pas ça. Bon … J'y suis: il faut penser avant d'obéir, toujours se demander si ce qu'on nous demande est justifié, même si la demande provient d'une autorité prestigieuse.
L'expérience de Asch IN ENGLISH -> http://en.wikipedia.org/wiki/Asch_conformity_experimentsVous êtes encore une fois volontaire pour une expérience. On vous conduit dans une pièce où se trouvent neuf chaises disposées en demi-cercle. On vous installe sur l'avant-dernière et peu à peu tous les sièges sont occupés par d'autres participants. On vous projette alors deux cartes simultanément. Sur la première figure une seule ligne, de huit pouces; la deuxième comporte trois lignes, de 6, 8 et 10 pouces respectivement. On vous demande d'identifier la ligne de la deuxième carte qui correspond à la ligne de la première carte. Facile comme tout! Les participants situés à l'autre bout du demi cercle se prononcent avant vous. Stupeur: ils ne donnent pas la bonne réponse. Tous optent pour la mauvaise ligne. Bien entendu, ce sont tous des complices, encore une fois. La question est: que ferez-vous à votre tour de parler?
Ici encore, les résultats de l'expérience, de manière consistante, ont été troublants. Plus du tiers des sujets se ralliaient à l'opinion du groupe; 75% se ralliaient au moins une fois.
Moralité? Le conformisme est dangereux et il faut, toujours, penser par soi-même. C'est toujours difficile, parfois inconfortable, mais indispensable