Les sectes gagnent encore du terrain
L'inquiétude n'est pas majeure, mais il n'y a pas non plus de quoi pavoiser, montre le rapport du CIAOSN. Ce centre spécialisé souligne l'impact de certaines croyances. Elles ont tendance à empêcher les soins médicaux.
Né des travaux de la commission d'enquête parlementaire de 1997 dédiée au sujet, le Centre d'information et d'avis sur les organisations sectaires nuisibles (CIAOSN) a pour objectif principal de fournir au public, aux autorités politiques, policières et judiciaires tout renseignement utile dans l'évaluation de la dangerosité des sectes.
Souvent questionné
Ce Centre divulguait mercredi son rapport bisannuel pour 2003 et 2004. Il n'a rien pour rassurer. C'est d'abord que les mouvements sectaires semblent se multiplier, même s'ils sont de plus petite taille qu'auparavant. Depuis sa création, le centre a ouvert 533 dossiers pour des mouvements différents, alors que seuls 94 d'entre eux avaient été cités lors des travaux de la commission.
Le nombre de consultations du CIAOSN par le public est lui aussi en augmentation. Pour 2003 et 2004, il s'est élevé à 1379 demandes portant sur divers groupes. Indicative des centres d'intérêt du public, la fréquence des questions désigne en premier les «Témoins de Jéhovah» (21,5pc), les mouvements axés sur le bien-être physique et mental et sur les thérapies non médicales (12,1pc), les groupements venus d'Extrême-Orient (10,2pc), ceux émanant ou dissidents du protestantisme (8,4pc), la scientologie (5,6pc), le «new age» ou «neopaganisme» (5,6pc), les mouvements ésotériques (4,7pc) et ceux émanant ou dissidents du catholicisme (2,4pc).
Toutefois, on tempère la portée des statistiques, au CIAOSN, en expliquant par exemple que les Mormons et les Baha'is ont été au centre de questions nombreuses mais non hostiles et que d'autres, comme les Témoins de Jéhovah et la scientologie, ont «subi» un grand nombre de questions à l'occasion d'importantes publications de presse. A noter enfin que les cultes protestant, anglican et orthodoxe (reconnus) et la laïcité organisée n'ont pas suscité de questions.
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Source et article complet: La Libre Belgique 2005
