L’Association LES TEMOINS DE JEHOVAH, dont le siège était 11, rue de seine à Boulogne Billancourt, étant déclarée sous la loi de 1901, ne pouvait bénéficier des avantages fiscaux accordés aux associations cultuelles, prévus par la loi de 1905 et "n’ avait pas été en mesure de justifier personnellement au jour du fait générateur, d’une autorisation préfectorale d’exonération de l’imposition sur les dons et legs"( Extrait jugement cassation dans le RAPPORT_MIVILUDES_2004). Le Fisc l'a donc condamnée à payer à l'administration fiscale trois années de retard d'impôt sur les donations reçues entre 1993 et 1996.
L'association a contesté cette décision et porté l’affaire devant le tribunal de grande instance de Nanterre, qui a débouté l'association de sa demande. Cette décision a été confirmée en appel, puis en cassation; les voies de recours en droit interne étant épuisées, les Témoins de Jéhovah ont déposé un recours devant la Cour européenne des droits de l'Homme le 25 février 2005, en invoquant la violation de la liberté religieuse.
Les sommes dues à l’Etat, telles qu’elles figurent dans l’arrêt de la Cour d’appel de Versailles du 28 février 2002, confirmé par la Cour de cassation le 5 octobre 2004, sont de 22 920 382,10 euros à titre principal, et de 22 418 484,48 euros au titre des pénalités et intérêts de retard.
Les ministres Nicolas Sarkozy et Thierry Breton n'ayant à ce jour jamais répondu aux questions des parlementaires à propos du recouvrement de cette créance, le député Jean-Pierre Brard a déposé en octobre 2005 un amendement au projet de loi de finances 2006 demandant que cette organisation paie ses dettes.
Selon le compte rendu de l’Assemblée nationale, le ministre délégué a répondu que ce dossier faisait l’objet d'un traitement normal en matière de recouvrement des sommes dues, que toutes les garanties immobilières avaient été prises, et que plusieurs versements avaient déjà eu lieu, mais que la règle légale du secret fiscal lui interdisait d'en dire davantage.
Mis aux voix, l'amendement n'a pas été adopté.
